Entrez dans la posture comme si vous rentreriez chez vous après un long voyage. Votre respiration est votre maison.
 

(Les bons mots de ma prof de yoga. *Ne pas oublier d'habiter le corps avant tout le reste...)

Le jardin sablier, Michèle Plomer

couverture le jardin sablier

Le jardin sablier est un roman divisé en douze chapitres correspondant aux douze mois de l’année. D’avril à mars, Michèle Plomer nous entretient à propos de son jardin. Au détour, elle nous raconte son enfance, l’achat de sa première maison en Estrie, ses relations avec le voisinage ; elle nous dit l’aplomb et la dignité que peut redonner un jardin communautaire à des êtres désabusés ; elle nous parle du cycle de la vie par le biais de son compost.

« Après toutes ces années, je comprends que jamais je ne serai une jardinière accomplie. Je m’y suis résignée, en fait, c’est cette posture qui m’attire. Le jardin, c’est ma quête, ce n’est pas une plate-bande touffue. » Cette perspective est particulièrement intéressante : jusqu’où une jardinière en devenir permanent peut-elle aller lorsqu’elle est confrontée à une infestation de pucerons ? De quelles façons cette même jardinière passe-t-elle au travers de l’hiver ?

Vous comprendrez que Le jardin sablier est un roman où il ne se passe pas  « grand-chose ». Ce sont d’ailleurs mes préférés. M’immiscer dans les pensées et les gestes quotidiens des autres me ravit et me tient en haleine plus que n’importe quelle enfilade d’événements épiques.

Le réel

Elle se penche la tête et cherche à trouver mon regard : « T’es dans la luuune maman. »

Simone, deux ans, qui se met la bine dans ma mire chaque fois que je dérive vers un point fixe. Elle me fait redescendre sur terre aussitôt et je souris…comment se fait-il qu’elle voit si bien chacun de ces moments d’égarement, qu’elle ait compris si rapidement ce qu’étaient ces moments ?

Elle me force à la présence, toujours.

Elle est tout ce qu’il y a de plus réel.

En ce début de nouvelle année, cette lecture…

La vie habitable Veronique Cote

La vie habitable, Véronique Côté, Atelier 10 (Documents 06), 2014.

En ce début de nouvelle année, La vie habitable de Véronique Côté est sans aucun doute à lire si ce n’est déjà fait. La comédienne, metteur en scène et auteure appelle à la poésie et à la beauté. Elle réinvestit de sens de façon toute personnelle ces deux mots quelque peu usés.

« Je dis que nous avons besoin de nous reconnaître les uns les autres.

Je dis que nous avons besoin de partager la beauté cachée des lieux et des objets.

Je dis que nous avons besoin de poésie depuis l’enfance, depuis bien avant les idées, bien avant le langage même, depuis le début de la conscience de l’autre, parce que la poésie est une façon de comprendre l’autre en devenant soi-même, le temps d’une image, celui qui imagine. L’origine.

Poésie: construction de l’imagination parlant à l’imagination d’autrui.

Poésie: surgissement irrépressible de la beauté.

Poésie: réponse sauvage à des questions qui ne se posent pas. Comment faire pour vivre ? Comme faire pour vivre ensemble ?

Je dis que tout le monde n’a pas besoin des mêmes voyages, mais que tout le monde a besoin de voyager.

Je dis que nous avons besoin de poésie comme nous avons besoin de beauté, de lumière et de nos voisins. »

Deux mille quinze

Deux mille quinze

Les objectifs et les souhaits pour 2015 sont faits, nous sommes le 7 janvier, l’hiver s’annonce vif, le printemps s’annonce plein, l’été s’annonce joyeux et l’automne, on verra bien (vivre au moment présent ne me permet pas de visualiser si loin) !

Chaque début janvier (depuis 2010), je me plais à imaginer mon année et à noter ses principaux faits, réussites et projets dans un carnet. Mais, attention, ce ne sont pas des résolutions. C’est pour ça que je parle d’objectifs et de souhaits. J’écris le tout à l’indicatif présent pour que l’imagination y croie et parce que la pensée crée et je relis, du même coup, les petites notes de l’année dernière, constatant ainsi que certaines choses se sont réalisées et que d’autres sont encore à travailler. C’est un moment-bilan que j’apprécie.

Dans Les Laurentides, préférer le macro

Dans Les Laurentides, préférer le macro

Rien n’appelle l’appareil photo aux environs de la maison. Il y a des fils électriques, des bungalows sans charme et un manque d’horizon qui empêchent presque systématiquement l’élan du clic. Ce n’est pas seulement les photos qui en écopent, mais le goût de l’aventure et de ses longues marches. Les grandeurs de la Gaspésie rencontrées l’année dernière ont peu à voir avec ce paysage de conifères entassés. Mais ce n’est pas plus mal, car si la mer m’invitait constamment à sortir à l’extérieur, peu importe les saisons, et à me distraire ainsi de la rédaction de mon mémoire, les arbres qui encerclent la nouvelle maison m’invitent à rester à l’intérieur, sans aucune distraction pour le travail.

Ce goût pour le mouvement

sacados2J’ai dessiné ces sacs à dos candidement intitulés « Médaillons d’espoir » dans mes carnets de Strasbourg en 2010, année d’indépendance et de voyage par excellence. J’avais 22 ans. J’y allais pour étudier, mais aussi parce que j’avais envie d’être seule, d’écrire et bien sûr, de voyager. Ce fut réussi. Strasbourg a été le point de départ à de multiples trajectoires. Parmi celles-ci, la Turquie, petit voyage de trois semaines. Je suis partie avec un bagage qui se rapproche du léger sans être à l’image de ces petits sacs à dos (tout de même !). Ce fut mon plus beau et mon plus grand voyage d’une certaine façon. J’ai manqué bien des attraits touristiques et bien des incontournables, mais j’ai vécu un itinéraire inoubliable. J’ai suivi mes jambes. Au-delà du cliché que cela représente, je me suis laissée guider, je ne sais pas par quoi ou par qui, mais par quelque chose qui a à voir avec le mouvement, la propulsion.

Pensée du jour. Cheesy un tout petit peu

moidanslesmarches

 La patience et la paresse sont de proches cousines.

Ainsi, je me demande parfois si, en me laissant beaucoup de temps pour faire certaines choses, je choisis de me respecter ou de m’oublier.

(En prime, une photo légèrement incongrue de moi travaillant et/ou me servant de mon travail pour me protéger des gouttelettes de pluie.)

Back on track

Comment ai-je pu ne rien déposer ici pendant si longtemps ? Difficile à dire. Manque de motivation et de spontanéité. Peut-être autre chose…

Peut-être l’été et les journées sans horaire. La maison à apprivoiser et la région à découvrir. J’ai eu un été mouvementé et tranquille à la fois, car malgré les boîtes à défaire, la vie familiale 24h/24h, le dépôt final de la maîtrise, l’emploi à trouver et l’écriture à maintenir, la vie tranquille me suit ; elle me colle à la peau.

Je reprends donc l’écriture de ce blogue sans trop savoir ce qui s’y retrouvera. La Gaspésie y était au cœur, il me semble.

Tout brille

La mer qui brille en permanence. Le son délicat des vagues. Somptueux bruissement. Je ne prends pas beaucoup de photos ces jours-ci. Je me laisse porter par le courant. Suis profondément heureuse en ce début d’été. J’ai le sentiment de reprendre un peu de contrôle sur ma vie. Je ne vous dis pas pourquoi, je ne vous dis pas comment. Juste le sentiment de se laisser porter tout en ayant l’impression d’enclencher certaines choses. Une genre de dérive contrôlée. Aussi, les gens redeviennent heureux autour de moi. La belle saison sans doute.

Les grands bouleaux me manqueront. Arbres maudits de mon enfance. Ils ne servaient à rien puisqu’impossibles à grimper. Une fois, j’ai voulu clouer des morceaux de bois sur le tronc en guise d’échelle. Mon père m’a surprise et chicanée. On ne fait pas ça, clouer des arbres. Je ne savais pas. Je ne savais pas non plus que les bouleaux font un superbe tableau du haut de la falaise.

bouleaux

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